Racialiste ou raciste, quel air respirons-nous actuellement en France ?
Le scandale racio-racial des quotas ethniques évoqués au sein de la FFF*, grave mais pas surprenant.Trois gros mots-maux- sont lâchés : quotas, physique et black.
L’objectif, la réduction du nombre de Noirs et d’Arabes en équipe de France ne me fait ni rire ni pleurer. Quota est un mot déplacé dans le lexique officiel français. Ces dernières années, un leader politique d’extrême droite et un philosophe « réputé » ont nié clairement la francité, donc la représentativité de l’équipe de France. Signe d’un trop plein de racialisation dans les discours ou impasse sociétale qui crève les yeux ? La politique du bouc émissaire envahit toute la France. Elle masque l’incompétence des systèmes et de leurs acteurs, quels qu’ils soient.
Prenons donc le cas de cette réunion consacrée aux binationaux, « traitres » par nature, car ils peuvent re-tourner à tout moment le maillot pour défendre les couleurs d’autres nations. Dérapage ! Le sélectionneur national évoque l’Espagne qui n’a pas de problème avec son équipe nationale car elle ne comprend pas de Noirs. Glissement vers un autre dérapage qui associe binationalité et style de jeu. Drôle de vision! On reconnaît pourtant au foot plus de capacité mobilisatrice que le discours politique et les promesses des institutions. Dans l’équipe 1998 il y avait tout de même des grands gabaris et des binationaux : Dessailly, Thuram, Karembeu, Henry, Viera. N’étaient-ils là que pour amuser la galerie ? Ou faut-il nous convaincre qu’il y a deux équipes de France : celle des prouesses et celle des échecs. Suivez mon regard. Deux France : celle des « normaux » et celle des « grands et costauds ». Et, comme par hasard, les « grands et costauds » seraient des binationaux.
Des Franco-espagnols, Franco-polonais, Franco-algériens, Franco-sénégalais et Franco-congolais sont présents en politique, dans les entreprises, à l’université, dans les administrations et partout ailleurs dans la société française. Pourtant, nous viendrait-il à l’idée d’évoquer un système de quotas pour ces citoyens talentueux? Combien de binationaux français ont exercé leur liberté de quitter la France, à un moment ou un autre, pour aller s’épanouir ailleurs, notamment dans leur deuxième patrie. N’est-ce pas cette même France qui se donne les moyens d’en former autant et dans tous les domaines afin de n’en retenir que les meilleurs ?
L’altérité, un alibi qui cache mal les vrais problèmes. Et, la France se recroqueville, se rétrécit et meurt. Serions-nous à l’ère du racisme ouvert ou respirons-nous un air racialisé ? À vous de juger !
*Fédération Française de Football